Une étrange confusion régnait à la ronde. La balustrade transparaissait à travers les reins du bourreau qui achevait encore son mouvement giratoire. Le pâle bibliothécaire vomissait, recroquevillé sur les marches. Les spectateurs, devenus absolument diaphanes, ne pouvaient déjà plus servir à rien, et tous reculaient on ne savait où, ou s'affaissant lourdement - seuls, parce que peints, les premiers rangs demeuraient encore en place. (...)
(...) Il fut rattrapé par un Roman (allias Rodrigue) d'une taille réduite de plusieurs fois : "Ah! Que faites vous? cria-t-il d'une voix faible en sautant sur place. Il ne faut pas, il ne faut pas! ... c'est malhonnête, pour lui, pour tout le monde... Revenez, couchez-vous - car enfin, vous étiez déjà étendu, tout était prêt, tout était fini..."
Vladimir Nabokov, Invitation au supplice p. 149-150, édition Folio 1980, première édition française & traduction en 1960
Vladimir Nabokov, Invitation au supplice p. 149-150, édition Folio 1980, première édition française & traduction en 1960
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