à Clément Cogitore
Personne n'a vu tomber le jour ni personne ne verra se relever l'ennemi
De ces fronts recueillis dans nos paumes, de ces fruits
qu'un Guillaume Tell industrieux fait éclater dans nos têtes
semées de sonorités métalliques, le cliquetis claudiquant de crânes
crachant du métal, quelques pièces rouillées et des balles perdues
la voix obturée de ferraille et de belles promesses
de mort sur un champs de pensées efflorescentes où reposer
parmi de vrais cadavres, en chair et en os, comme on dit
Nous reconnaissons pourtant, à bout portant
de partout le chant insurgé parmi les tirs à l'aveugle
des forces de l'ordre ne demeurent plus que cendres et la ruine
inachevée du rêve, le passage invisible du corps dérobé
tracé à nu, abstrait à l'effraction que le cadavre atteste,
ne recelant à nos yeux aucun secret, aucune blessure
que le vide, l'absence immense, sa définitive résistance
Quelque chose fait signe
de l'encoche, du grillage crocheté, depuis la coupure
dans le vertige de soustractions démultipliées, ascendantes
dans la clarté glaciale d'un néon bleu immergé sous la coque
projeté depuis le versant aveugle de la mémoire veillant
sous son aile d'ombre une ligne de crête renversée
il n'y a aura pas de rêve qu'en passant nous n'ayons respiré
Ni de refus ni de refuges opposés à la verticalité
Que tambour battant sous le signe du secret vivant
nous ne jetâmes dans ces foyers de braises de signaux
de lueurs de fumées et du chant de la nuit
la sauvage incandescence de nos membres
à jouir du silence abrasant nos peaux et de ta main
inventée pour aimer la distance qui nous répare
Oui, il fut un temps où lorsque nous fermions les yeux nous étions invisibles
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